Langage oral
LES
ETAPES DU DEVELOPPEMENT DU LANGAGE ORAL
9
mois: la production du langage
- À 9
mois environ, l’enfant comprend des consignes simples .
- vers 1 an, il prononce ses « premiers mots » .
- vers 18 mois, il combine plusieurs mots.
- vers 3 ans, il utilise les principaux modèles de phrases
simples
- vers l’âge de 5
ans et demi, 6 ans, l’enfant maîtrise suffisamment la
langue orale pour aborder l’apprentissage de la lecture
(généralement en 2 ans, au CP/CE1).
Deux périodes
essentielles dans l’évolution du langage oral
• La période prélinguistique
Durant en moyenne jusqu’à l’âge de 12-18 mois, cette
période constitue une phase d’initialisation du langage
oral.
L’apprentissage des
sons
l'enfant a une capacité innée à percevoir les
contrastes sonores utiles pour la parole. Le nourrisson de
quelques jours est parfaitement sensible à ce type de
différence (des observations similaires ont été observée
chez des fœtus de 36-40 semaines). Cette capacité,
dans toutes les langues du monde) régresse au cours de
la 1° année de vie.
L'appareil
phonatoire cependant n’est que partiellement développé chez
le nourrisson. et se rapproche d’une conformation adulte
vers l’âge de 2 ans.
En fait, jusqu’au 5° ou 6° mois, la progression dans la
production des sons est principalement déterminée par des
contraintes physiologiques. Aux vocalisations réflexes
(soupirs, gémissements, bâillements, cris…) se mêlent
rapidement des sons constitués de syllabes « primitives ».
Le bébé joue avec sa voix et étend sa « gamme ».
Il exerce son
appareil phonatoire et apprend à le controler. C’est ce que
l’on appelle la
lallation.
Entre 4 et 6 mois,
le babillage du bébé est rudimentaire. Vers l’âge de 6
mois, il commence à pouvoir interrompre ses vocalises à
volonté. Il peut produire des syllabes simples de
type consonne-voyelle (suites de [pa], de [ta], etc. )
L’apprentissage des
mots
Il n'existe que quelques dizaines de phonèmes alors que le
nombre de mots d’une langue est de l’ordre de la centaine
de milliers.
Le nourrisson
doit reconnaître les mots de la langue maternelle
dans un flot de paroles qui ne contient pas de marque
évidente de frontières entre les mots.
Pour le nourrisson,
plus les suites de sons sont utilisées fréquemment, plus
elles ont de « chances » de constituer un
mot. Le bébé exploite également l’intonation et
le rythme de la parole pour découvrir les contours des
mots.
Vers 11 mois, lorsque le bébé dispose de ces informations,
c'est l’âge du début de l’acquisition des mots.
• La période linguistique
L'acquisition d’un premier capital de mots et l’apparition
d’énoncés rudimentaires vers 18 mois libèrent l’enfant des
contraintes du geste et/ou de la mimique, jusqu’alors
indispensables pour communiquer.
À partir de l’âge
de 3 ans environ, l’enfant va s’approprier des
constructions linguistiques de plus en plus conformes au
langage de l’adulte. Cette évolution qualitative
s’accompagne d’une évolution quantitative importante sur le
plan du vocabulaire.
Les premiers mots produits véhiculent un sens que l’enfant
généralise à plusieurs objets ou situations qui présentent
des caractéristiques communes. C'est le stade du
mot-phrase, où la signification du mot dépend du
contexte (gestes, environnement).
Le langage
accompagne toujours l’action mais ne s’y substitue pas
encore. L’augmentation du capital linguistique a pour
conséquence un gain de précision dans le sens des mots.
L’acquisition des mots est d’abord lente – à 1 an, un
enfant a en moyenne acquis 5 à 10 mots – puis très rapide :
à 2 ans, pour près d’un enfant sur deux, le vocabulaire
peut atteindre 200 mots.
Vers 18 mois,
l’enfant combine deux mots de sens différents (ex :
papa pati, bébé dodo).
La période des 3 ans en moyenne est marquée par un
enrichissement spectaculaire du vocabulaire : le capital de
mots évolue de 200 mots en moyenne à l’âge de deux ans à 1
500 mots vers 4-5 ans. L’enfant participe activement à la
construction de son propre langage : il déduit de
l’expérience linguistique des principes de fonctionnement
qu’il applique à des situations nouvelles. Pour progresser
sur le plan du langage, il effectue constamment une
comparaison entre ses propres productions et celles que lui
adresse son entourage.
Il expérimente les effets de l’intonation.
D’autre part, il
s’approprie en les transformant les règles grammaticales ;
certaines erreurs grammaticales ne sont en effet pas dues
au hasard (par exemple "il courira").
Si l’emploi du « moi » est repérable dès l’âge de 2 ans, il
faut attendre l’âge de 3 ans pour voir apparaître les « je,
tu, il… ».
À la même période,
l’enfant commence à maîtriser les articles « le, la… » et
les prépositions « à, dans, sur… ».
L’emploi des
subordinations « qui, parce que…» émerge pour sa part entre
4et 5 ans.
La compréhension du langage oral
Vers l’âge de 2 ans et demi, 3 ans, la compréhension est à
dominance « lexicale ». L’enfant identifie un mot et le met
en rapport avec le contexte.
À partir de 3 ans et demi, 4 ans en moyenne (jusqu’à 6-7
ans), les capacités de compréhension deviennent plus
performantes : L’enfant est capable d’interpréter un énoncé
hors-contexte (nous irons au parc demain) à l'aide d’une
représentation mentale du lieu évoqué et des actions
possibles (balançoire, toboggan…).
Dès l’âge de 4-5 ans, l’enfant investit la compréhension du
langage oral selon une modalité narrative, ce qui implique
la prise en compte de la successivité temporelle des
évènements et des relations causales qui les lient.
Enfin, les capacités pragmatiques se manifestent « en
surface » que très tardivement. C’est seulement entre 6 et
7 ans que l’enfant devient capable de se distancier dans
une situation de communication et de concevoir les
représentations de l’interlocuteur.
Progressivement, l’enfant acquiert les indicateurs qui
déterminent quel type de langage convient à un contexte
donné. En d’autres termes, l’enfant apprend à « socialiser
» son langage.